Après avoir accueilli une semaine les comédiens et comédiennes de l'AtelierCité dans notre lieu de création en Normandie, Le Moulin de l'Hydre, je reviens au ThéâtredelaCité pour un mois de laboratoire avec elles et eux. Un laboratoire d'écriture, de recherche poétique et théâtrale. Par la joie du jeu, nous traverserons une matière poétique hétérogène. Laboratoire K est un kaléidoscope de scènes du répertoire, d'extraits de romans et de journaux, de notes intimes, de définitions, de musiques et d'images. Une tentative sensible où nous pourrons entendre des scènes du Château de Kafka, des extraits de son journal, La Lettre au père ou Les Aphorismes de Zurau, mais aussi La Vie est un songe de Calderon, les dernières pages de la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, Hamlet, Macbeth et le Roi Lear du grand William, le veilleur de l'Orestie, les mots de Virginia Woolf, Akhmatova, Philip K Dick et bien d'autres choses encore... Ce laboratoire est un musée. Un musée de nos amours, de nos peurs, de nos peines, et de tous ces mots qui éclairent d'une lumière indéfinissable le mystère de la vie et du monde. Une exploration poétique pour chérir à nouveau ces œuvres étranges qui peuvent déclencher en nous des chocs esthétiques prêts à changer nos vies.
Je veux que le plateau de la salle de répétition devienne alors une chambre d'échos entre les différents textes. Une chambre de résonnance et de synchronicité comme peuvent l'être les rêves. David Lynch et son univers onirique seront aussi une référence importante pour notre travail.
Et tout cela, en respectant un adage qui peut paraître compliqué, mais qui est si simple : "On perd trop de temps à aimer ne pas aimer ce qu'on n'aime pas." Employons notre temps à aimer ce que nous aimons et ce sera très bien.
Simon Falguières