Les Trois Sœurs / Chantier de création avec Emmanuel Daumas
Description
Lors de la première période de laboratoire à l’automne dernier, nous avons travaillé sur Marivaux : la vivacité de la pensée, les réponses réflexes et non réflexives. Les états d’âme, et le corps qui s’expriment en dehors des clichés ; dans l’incongruité de la vérité. L’inconscient et les lapsus, les dénis et les manipulations. De l’écart entre la sincérité des interprètes et la naïveté des personnages naissait la drôlerie. Cela nécessite d’être à fleur de peau, sans filtre et dans le même temps décalé et interprète de ce qui est écrit. C’est en jouant avec sa vision subjective du personnage et des situations, absolument en même temps qu’une émotivité « au présent », que le marivaudage devient une école du jeu d’acteur.
Maintenant les actrices, les acteurs, et moi, avons envie de nous servir de cette légèreté ironique et de ce tourbillon d’émotions folles pour travailler sur Tchekhov. Dans Les Trois Sœurs, tout ce qui est dit, tout ce qui arrive, est en relation avec la nostalgie, et la sidération angoissée du temps qui passe, dévaste, brule, ternit, abruti. Mais la littérature de Tchekhov nous renseigne sur le burlesque et nous indique qu’il ne faut jamais oublier que son œil malicieux est derrière tous les portraits. Travailler en profondeur sur la complexité ambiguë de son art revient à trouver comment approcher le comique satirique, derrière toutes les larmes, en ne perdant jamais cette mélancolie profonde, qui naît de l’absurde, plus que d’une vision romantique de l’existence. Il nous semble donc passionnant de nous servir des gammes faites sur le texte de comme un échauffement pour aborder Les Trois Sœurs sans tomber dans les écueils d’une vision simpliste et sordide de l’œuvre. Comment raconter ces « vies gâchées » dans la Joie du Théâtre ?
Emmanuel Daumas, mai 2026
Informations
Lundi 29, mardi 30 juin et mercredi 1er juillet / 18h30
Salle de répétition
Durée estimée 1h30