Théâtre de la Cité

Centre
Dramatique
National

La saison
Création en cours
 

Sept larmes pour Elisabeth

Scénographie et mise en scène
Aurélien Bory
Direction musicale
Thibaut Garcia
Écriture chorégraphique
Aure Wachter

Résumé

Sept Larmes pour Elisabeth
À partir de l’œuvre de John Dowland

Dès notre première rencontre avec Thibaut Garcia et Aure Wachter, l’idée de prendre comme point de départ Seaven teares de John Dowland – déclinaison de son célèbre Flow my teares – s’est imposée. D’une part car cette chanson pour luth et voix appartient déjà au répertoire de Thibaut Garcia – interprétée il y a quelques années avec Philippe Jaroussky – et d’autre part car Flow my teares est une pavane, une danse. Or, c’est précisément par la danse qu’Aure Wachter – interprète chez Rachid Ouramdame, Jann Gallois, Maud Le Pladec parmi d’autres – propose d’aborder l’œuvre de Dowland. La musique et la danse sont fondamentalement liées – il est impossible de déterminer laquelle était avant l’autre – plus encore elles sont intrinsèquement imbriquées : la musique est danse, la danse est musique. C’est à l’aune de cette relation première que nous imaginons la rencontre sur le plateau d’Aure et Thibaut en croisant littéralement leurs arts – Aure vers la musique et Thibaut vers la danse.
La période Élisabéthaine est marquée dans les arts par la mélancolie, dont se revendique ouvertement John Dowland, appelant même – non sans humour – l’une de ses œuvres Semper Dowland, semper dolent : toujours Dowland, toujours souffrant. La musique – et l’art – sont envisagés alors comme une réponse à cette mélancolie, et dans le même temps une inspiration, une disponibilité face à l’acte de création. Cette inclinaison caractérise l’époque Shakespearienne dans tous les arts, à l’instar de Robert Burton dans l’Anatomie de la mélancolie, sorti en 1634 et rapidement devenu livre culte, qui déclare en préambule : « j’écris sur la mélancolie pour échapper à la mélancolie ».
Le mot Mélancolie est transcrit du grec Melankholia composé de Mélas « noir » et Khole « bile » étymologiquement la « bile noire ». Nous imaginons un espace scénique où se déploie l’écoulement, à la fois comme réponse à la musique, qui semble couler dans l’âme, mais également comme une matière insaisissable, un fond qui fond, car si les larmes coulent, alors l’espace entier doit couler.
John Dowland dans Seaven teares a déployé en sept pavanes le motif des larmes, créant ainsi par déclinaison d’un chant son œuvre signature. En suivant les pas de Dowland, Thibaut Garcia et Aure Wachter s’emparent à leur tour du motif des larmes. Par la guitare, le chant, la danse et l’espace, ils proposent la même démarche : ne pas arrêter une forme, mais la voir prendre à la manière d’un liquide tout l’espace qu’on lui consacre.

Aurélien Bory, mars 2025

Distribution

Scénographie et mise en scène
Aurélien Bory
Direction musicale
Thibaut Garcia
Écriture chorégraphique
Aure Wachter
Avec
Thibaut Garcia et Aure Wachter
Création lumière
Arno Veyrat
Conception technique décor
Pierre Dequivre et Pierre Pailles
Collaborateur artistique et technique
Stéphane Chipeaux-Dardé
Construction du décor
Pierre Pailles, Pierre Dequivre, Steve Duprez et Stéphane Chipeaux-Dardé
Costumes
Gwendoline Bouget
Régie générale et plateau
Thomas Dupeyron
Régie plateau
Julien Launay
Régie lumière
Arno Veyrat
Régie son
Adrien Maury
Directrice des productions
Marie Reculon
Presse
Agence Plan Bey

Production
Compagnie 111 – Aurélien Bory

Coproduction (sollicitées)
Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie, La Philharmonie de Paris, Théâtre d’Orléans – Scène nationale Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie

Accueil en répétitions et résidences
Théâtre de la Digue – Toulouse, théâtre Garonne, ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie

La Compagnie 111 – Aurélien Bory est conventionnée par le Ministère de la Culture – Direction Régionale des Affaires Culturelles Occitanie. Elle est aidée au fonctionnement par la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée au titre du dispositif d’aide aux opérateurs structurants et par la Mairie de Toulouse. Elle reçoit le soutien du Conseil Départemental de la Haute-Garonne et de la Mairie de Toulouse pour certaines de ses créations.

La Compagnie 111 reçoit le soutien l’Institut Français pour certains de ses projets à l’international.

Création
Juillet 2026, Festival Montpellier Danse

Informations

Danse
Musique
Théâtre

Durée estimée 1h

Saison À venir

« La larme en musique se traduit chez John Dowland par un mouvement descendant, que l’on voit ensuite dans les lamentos baroques, sur des basses obstinées de tétracordes, comme le fameux Lamento de la ninfa de Monterverdi. Les premières mesures de Flow my teares chez Dowland évoquent déjà à travers la mélodie deux larmes qui coulent.

Certains compositeurs pour illustrer au plus proche cette image à la manière d’un peintre utilisent un motif qui descend par demi-tons appelé chromatisme, rappelant l’écoulement. On le trouve chez John Dowland notamment dans la Fantaisie P71. Je trouve intéressant de s’emparer de la descente chromatique pour la déployer sur le plateau et tenter de retrouver avec elle le discours mélancoliforme ».

Thibaut Garcia

« Ce qui me touche le plus, c’est le désir de Thibaut de se déplacer de son statut d’artiste soliste et de s’éloigner du format du concert de musique classique – geste rare pour un musicien qui jouit d’une telle reconnaissance – pour mettre son corps en mouvement, s’ouvrir à l’épreuve du plateau, et s’envisager dans le jeu comme un corps-instrument.
J’essaierai pour ma part le chemin inverse, tenter d’être une interprète classique et me soumettre à la rigueur, à l’exigence, à l’engagement que la musique requiert : aborder le chant, l’instrument le plus organique, comme un corps intérieur, une symétrie inversée de mon corps qui danse ».

Aure Wachter