Une approche transversale du geste et de la composition / Chantier de création avec Christian RizzoThéâtredelaCité

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4 – 13 mai 2026
 

Une approche transversale du geste et de la composition / Chantier de création avec Christian Rizzo

Description

Une approche transversale du geste et de la composition

Ce laboratoire propose à de jeunes artistes issu·es du théâtre et de la danse un espace de recherche chorégraphique et performative, à travers les enjeux qui traversent mon travail : la tension entre récit et abstraction, la construction de formes collectives sans effacement des singularités, la présence du geste, l’usage de l’image comme déclencheur d’écriture et la force poétique du hors- champ.

À travers une méthodologie combinant improvisation, composition en temps réel et écriture de partitions, les participant·es seront invité·es à développer un langage scénique situé entre danse, performance, et installation vivante. La visée performative du laboratoire ne repose pas sur une finalité spectaculaire, mais sur la création d’un espace de présence, une situation partagée, où le geste, le regard, l’écoute et les silences construisent la dramaturgie.

Le geste sera envisagé comme point d’articulation central : non pas pure forme ni simple outil expressif, mais trace active, rémanence, fragment de récit ou abstraction mouvante. Il pourra être intime ou collectif, précis ou diffus, retenu ou affirmé — toujours chargé d’un potentiel à faire advenir quelque chose de l’ordre de l’invisible ou du sensible.

À partir de matériaux personnels — souvenirs, images, sensations —, chaque participant·e construira des partitions gestuelles qui serviront de base à un travail de composition élargi, en dialogue avec les autres corps, avec l’espace, et avec la temporalité propre à la performance.

Des outils de composition seront abordés : structuration dans le temps, états d’apparition/disparition, travail du rythme, de la densité, de la relation à l’espace et au regard. Ces outils s’appuient sur une pratique de l’improvisation comme écriture vivante, attentive à ce qui émerge, se décale, ou échappe.

Le laboratoire invite à un déplacement en approchant des éléments liés au récit, à explorer l’abstraction, la physicalité non narrative, ou l’écriture du silence. Cette traversée est conçue non comme un apprentissage technique interdisciplinaire, mais comme une expérience de déplacement, un dérèglement fertile du rapport à la scène.

Il s’agit ici de désaxer les automatismes pour faire place à des formes de présence inattendues, à des gestes qui ne viennent pas “de soi” mais par soi, portés par un contexte collectif et un imaginaire partagé.

Dans cette logique, le hors champ devient un levier dramaturgique et poétique. Ce qui n’est pas montré, ce qui est périphérique, ce qui échappe au regard frontal, travaille profondément le plateau. Il alimente la qualité de présence, engage l’interprète dans un rapport au vide, à l’attente, à l’adresse indirecte. Il permet de penser la scène comme un lieu d’apparitions fragiles, de gestes qui se construisent autant dans ce qui est là que dans ce qui manque.

Les 2 semaines tendront vers la construction d’une forme finale composée, conçue non comme une restitution spectaculaire, mais comme une mise en partage d’un processus, un espace d’écoute, de co-présence et de résonance entre les matières traversées, un territoire chorégraphique commun où se trament les relations entre abstraction et récit, entre solitude et coexistence.

Ce laboratoire se veut également un moment de transmission élargi, à travers un accompagnement artistique attentif aux enjeux contemporains de la scène. Il s’adresse à des artistes désireux de travailler à la lisière des disciplines, de faire de leur présence un lieu de création active, et de développer des outils sensibles de composition scénique à partir d’un engagement profond du corps, du regard et de l’imaginaire.

Christian Rizzo

Informations

Christian Rizzo

Une approche transversale du geste et de la composition / Chantier de création avec Christian Rizzo
© ICI — CCN, Denise Oliver Fierro

Avant la danse, Christian Rizzo monte un groupe de rock et une marque de vêtements à Toulouse puis suit une formation en art plastique à la villa Arson à Nice.

Arrivé à Paris en 1986 il rejoint le monde de la mode et le tourbillon créatif de la nuit.

Le hasard des rencontres le mène sur scène.

Autodidacte, il rejoint dès 1990 les chorégraphes et metteurs en scène Jean-Michel Ribes, William Petit, (Place Padovani et Ultima Vez), Mathilde Monnier (Face Nord et Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt), Catherine Anne (Chaines et La ralentie), Hervé Robbe (Factory et Id), Mark Tompkins (Home, Gravity et comme assistant sur Under my skin), Georges Appaix (Gauche-Droite), Vera Mantero (La chute d’un ego et Poésie et sauvagerie dont il signe également les bandes-son), Catherine Contour (Chambres, Autoportrait avec Vaches » et Autoportrait 9×9), Emmanuelle Huynh (Distribution en cours), et Rachid Ouramdane (Les absents ont toujours tort, Au bord des métaphores, + ou – là, et Structure Multifonctions), en trio avec l’artiste Nicolas Floc’h, Alain Buffard (Good 4).
Tout en affirmant son travail d’interprète, il crée Y’là, solo (1997), présente projet-type(s), performance pour 20 participants hommes dans une vitrine en collaboration avec le compositeur Gerome Nox (1998), propose objet dansant n°1 et Hello Dolly au lab7-ginjal à Lisbonne, ainsi qu’une performance avec la designer Laur Meyrieux à la galerie “public“ (Paris, 1999).
Parallèlement, il crée les costumes pour des chorégraphies de Mathilde Monnier, Hervé Robbe, Jean-Marc Eder, Félix Ruckert, Emmanuelle Huynh, Rachid Ouramdane, Vera Mantero, Sylvain Prunenec, Christian Bourigault et Catherine Contour, ainsi que des bandes-son pour certains d’entre eux. Il participe activement durant toutes ces années à des plateformes d’improvisation et performance avec notamment Joao Fiadeiro, Meg Stuart, Alain Platel, Frans Poelstra, Steve Paxton, Lisa Nelson, Simone Forti. Depuis 2002, il enseigne régulièrement en France et à l’étranger au sein d’écoles d’art et d’institutions chorégraphique. En 2013 il reçoit le prix de la Chorégraphie SACD pour l’ensemble de son travail et en 2014, le Grand Prix danse du Syndicat de la critique pour d’après une histoire vraie. En juillet 2014, il a été été nommé “officier des Arts et des Lettres“ par le ministère de la Culture et de la Communication.
Au 1er janvier 2015, Christian Rizzo prend la direction du Centre chorégraphique national de Montpellier.
À la fin de son mandat de directeur du Centre chorégraphique national de Montpellier, il reprend son travail au sein de sa compagnie, l’association fragile. Il travaille actuellement à la création de sa prochaine pièce de groupe à l’ombre d’un vaste détail, hors tempête. qui sera créé les 16 et 17 septembre 2025 dans le cadre de la Biennale de la danse de Lyon.