L’hors-présenceThéâtredelaCité

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À venir
 

L’hors-présence

ou Chimères du pays de Morsan
Texte et mise en scène
Tiphaine Raffier / la femme coupée en deux
Spectacle accompagné par le
ThéâtredelaCité

Distribution

Texte et mise en scène
Tiphaine Raffier / la femme coupée en deux
Spectacle accompagné par le
ThéâtredelaCité
Avec 9 comédien.nes
Avec Emma Bolcato, Teddy Chawa, Thomas Gonzalez, Paula Luna, Édith Mérieau, Catherine Mestoussis, Thierry Paret et Adrien Rouyard
Dramaturgie
Lucas Samain
Assistanat à la mise en scène
Mathilde Saillant
Scénographie
Hélène Jourdan
Lumières
Kelig Le Bars
Vidéo
Vincent Pinckaers
Son
Hugo Hamman
Musique
Sylvain Jacques
Costumes
Caroline Tavernier
assistée de
Paloma Donnini
Maquillage et perruques
Maquillage et perruques
Régie générale
Olivier Floury
Régie plateau
Nicolas Bignan et Pierre Frenkel
Régie vidéo
Nicolas Morgan
Cadreur
Raphaël Oriol
Régie son
Hugo Hamman
Régie lumière
Christophe Fougou
Régie maquillage et perruques
Emmanuelle Flisseau
Administration, production, diffusion
Juliette Chambaud, Charlotte Pesle Beal et Elisa Seigneur-Guerrini
Construction et ingénierie décor
Atelier du Nouveau Théâtre Besançon CDN

Production
La femme coupée en deux

Coproduction
Le Quai CDN Angers, Théâtre Nanterre-Amandiers, Théâtre National Populaire de Villeurbanne, La Comédie de Saint-Étienne – CDN, Nouveau Théâtre Besançon CDN, La Comédie de Clermont-Ferrand, Théâtre National de Bretagne, Théâtre du Nord – Centre Dramatique National Lille-Tourcoing-Hauts de France, La Criée Théâtre National de Marseille, Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie, Festival d’Avignon, Le Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyrénées, Scène nationale du Sud-Aquitain, l’Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux, Théâtre National de Strasbourg, Maison de la Culture d’Amiens – Pôle International de Production et de Diffusion, La Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France

Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès et du Fonds SACD / Ministère de la culture Grandes Formes Théâtre

Avec l’aide du Ministère de la culture

Remerciements
Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines, pour son accueil à la première lecture
Max Beucher, Lukas Dana, Elsa Provansal, Jules Guittier, Ayla Derris, Andrea Portante et les participants de l’AFR 109 au Quai à Angers et de la masterclass Transmission au TNB, pour leur précieuse pierre à l’édifice.

La compagnie La femme coupée en deux bénéficie du soutien du ministère de la Culture / Direction régionale des affaires culturelles Hauts-de-France, au titre de l’aide aux compagnies conventionnées et est soutenue par la Région Hauts-de-France.

Informations

Durée estimée 2h30

Création en 2026

Saison À venir
Théâtre

Résumé

Dans un village déserté, Laure, condamnée par une maladie, rentre chez elle pour mourir. Ses deux frères et sa sœur la rejoignent pour l’accompagner dans sa fin de vie. La fratrie tente de s’organiser, de mettre en place des protocoles à défaut de nommer l’innommable. On se débat avec le contrôle, le temps et la langue. Mais dans la maison d’en face quelqu’un semble les épier…

L’hors-présence est une pièce sur le regard que l’on pose sur ceux qui meurent. Qui a le droit de regarder, à quelle distance et comment ? Comment regarder sans juger ? Et si ce que l’on nomme « fin de vie » était en réalité le début de la mort — alors quand commencerait-elle exactement ? Et lorsqu’on regarde un proche mourir, que voit-on ? Sa disparition, la nôtre, ou celle de l’humanité ?

Robert William Higgins a nommé « l’invention du mourant » — cette catégorie moderne qui exile celui qui meurt en le sommant de maîtriser sa propre fin, en le sommant de devoir définir solitairement la dignité et la valeur de sa vie. Quand la mort rôde, tout le vocabulaire institutionnel sonne creux, alors chacun se raccroche à des chimères.

Une chimère est deux choses à la fois. Un animal hybride — un être composé de morceaux incompatibles, assemblés par la légende. Tout enfant est une chimère — deux lignées fondues en un seul corps. Mais la chimère est aussi une illusion — une idée fausse à laquelle on s’accroche. Chaque personnage de la pièce est une chimère au double sens du mot. Hybride : à la fois aimant et violent, courageux et lâche, lucide et aveugle. L’un croit qu’un plan peut organiser la mort, l’autre que la nourriture peut retenir la vie, un autre que le mystère vaut mieux que le savoir. La création elle-même est une chimère — pour celui qui la porte sans oser la faire naître, elle est à la fois le monstre qui dévore et la promesse qui sauve. La mourante, elle, est peut-être la chimère la plus vraie — un corps en métamorphose, ni tout à fait vivant ni encore mort. L’hors-présence cherche ce qui reste quand les chimères tombent.

Maurice Blanchot écrivait que le langage est déjà une mise à mort — que nommer une chose c’est la remplacer par son absence. Laure découvre dans cette perte quelque chose que la littérature pressentait depuis toujours : seul le poème peut rendre la chose au monde.

La mise en scène épouse cette disparition. Le théâtre cherche une autre forme pour dire ce que les mots inventés par l’institution ne savent pas dire. Entre Vermeer et l’art contemporain, entre la camera obscura et éblouissement radical, L’hors-présence tente de rendre à la mort ce que l’institution lui a confisqué : sa place au centre du village.