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Monsieur, Madame

Madame et Monsieur « son »

Tendons l’oreille !

Le « son », c’est un tout petit mot qui recouvre une foule de choses, surtout dans un grand théâtre comme le ThéâtredelaCité : derrière ces trois lettres, il y a des bruitages fabriqués ou des ambiances sonores peaufinées en studio, des piles d’amplis qui rugissent ou des micros ultra-sensibles qui vous susurrent à l’oreille.

Rencontre avec Géraldine Belin et Joan Cambon, salarié.e.s du ThéâtredelaCité, le duo de Madame et Monsieur « Son ».

© Maud Wallet

Des artisans de « tout ce qui s’entend »

Ils ont tous les deux des parcours différents qui se complètent bien. Il le faut car le son est un domaine d’intervention immense où chacun peut arriver avec son bagage technique certes, mais aussi ses « endroits » de prédilection : le concert, la musique (Joan Cambon a en parallèle une carrière de musicien), le bruitage, la recherche numérique, etc. À eux deux, aidés d’une équipe d’intermittents dont ils en ont formé certains (c’est un métier qui se transmet autant qu’il ne s’apprend), ils sont responsables de la retransmission du son au plateau et de la diffusion vidéo. Cela englobe entre autres la microphonie, la sonorisation des comédiens, la musique live ou enregistrée, les effets micro et autres bruitages du théâtre d’objets par exemple, toute une kyrielle de sons créés en fonction des besoins et à la demande. Deux situations peuvent se présenter : lorsqu’ils sont en accueil de compagnies, le spectacle en tournée arrive précédé de la liste des sons nécessaires (des coups de marteau, une porte qui grince, un bruit de papier froissé, telle ou telle musique, etc) ; lorsqu’ils sont en création, il leur revient en revanche de créer, de composer les musiques et tous les sons additionnels du spectacle en lien étroit avec le metteur en scène.

Des ouvreur.se.s d’imaginaires

Dans l’espace fermé du plateau de théâtre, le son est un moyen extraordinaire d’amener des imaginaires différents et de dépasser les limites de cet espace. En effet, le décor permet des variations d’ambiances et de cadres mais, même modulable, il est contraint. On ne peut le faire changer aussi vite ni aussi souvent que le son qui lui, ouvre un imaginaire infini : Joan Cambon créer autant qu’au théâtre car l’attention du spectateur y est particulière. On peut faire un grand écart énorme entre les types de son, du murmure presque inaudible au son-concert à fond, aucun autre media même la radio ne permet de manipuler des sons aussi faibles et aussi différents en intensité. La place de la technique est donc bien sûr centrale, mais la créativité est aussi primordiale : quand on sonorise, on fait partager des effets de dynamiques et de formats très différents, on joue avec toutes les nuances du son, en alliance avec les dimensions du plateau, la profondeur de la scène. Le son permet une immersion totale du spectateur parce qu’il est enveloppant, chaleureux, vivant ».