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De la scène à l’écran… de l’écran à la scène !

Avec Huit heures ne font pas un jour, Julie Deliquet poursuit son travail d’adaptation d’œuvres cinématographiques au plateau. En choisissant cette mini-série
tournée pour la télévision allemande au début des années 1970 et méconnue en France, la metteuse en scène nous invite à redécouvrir Rainer Werner Fassbinder sous un nouveau jour : celui de l’espoir et de la joie !

Par leur énergie, leur humour, leur sincérité, les personnages émouvants de cette saga nous emmènent dans une vaste épopée professionnelle et familiale. Ils partagent l’espoir d’une
société heureuse et épanouie, plaçant l’imagination au pouvoir,
quitte à faire preuve d’insolence ! Entre la rue, l’arrière-salle et
l’atelier, l’union fait ici la force dans une vision utopiste de la
vie ouvrière menée par treize acteurs totalement engagés dans
cette aventure scénique. Oui, venez les rencontrer !
France Inter

Ils sont peu nombreux les artistes capables, comme Julie Deliquet, de faire montre d’une telle maîtrise de la dramaturgie et de la scène, d’emporter le spectacle dans un seul et unique mouvement qui jamais ne s’interrompt. À ce titre, la scénographie est astucieuse, à la fois suffisamment déterminée et indéterminée pour être en mesure de symboliser, sans que cela ne jure, un appartement, un vestiaire d’usine ou une salle des fêtes pour un mariage. Pour signifier un changement de lieu, elle joue sur les costumes, les maquillages et les coiffures des comédien∙ne∙s qui alternent entre plusieurs rôles, sans même, parfois, que l’on s’en aperçoive.
Si la metteuse en scène place résolument sa pièce dans une esthétique très années 1970, elle cherche aussi, comme toujours, à la conjuguer au présent, à transformer l’Histoire en immédiat. Face à cette épreuve, de laquelle ils sont coutumiers, ses fidèles comédiens se montrent, en tous points, et comme à leur habitude, étincelants. Avec eux, la balle théâtrale ne retombe jamais, grâce à une dynamique de troupe qui n’écrase pas pour autant les partitions individuelles, à commencer par celle d’Evelyne Didi, grand-mère piquante à
souhait. Tout dans ce spectacle brille de facilité et d’aisance
alors que tout est, à l’inverse, le résultat d’un travail de fourmi
et de titan. Il paraît qu’il s’agit là de l’une des marques de fabrique des grands.
Vincent Bouquet, sceneweb.fr

Le projet De l’écran à la scène, de la scène à l’écran se saisit de cette opportunité et invite les étudiant∙e∙s du BTS audiovisuel du Lycée des Arènes et les étudiant.e∙s ingénieur∙e∙s de la section Théâtre-Études de l’INSA à revisiter le théâtre de Fassbinder en effectuant le chemin inverse : porter son théâtre à l’écran. À partir de trois scènes extraites du théâtre de Fassbinder,
les étudiant∙e∙s disposeront de 48 h pour tourner ces séquences à la Forêt Électrique – cinéma en préfiguration dans le quartier Bonnefoy à Toulouse. Ils∙elles seront accompagné∙e∙s à chaque étape (préparation, tournage, post-production) par leurs enseignant∙e∙s, la compagnie MégaSuperThéâtre et des équipes de La Cinémathèque de Toulouse, de la Forêt Électrique et du ThéâtredelaCité.