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Monsieur, Madame

Monsieur, Madame « Publics »

Autant de publics que de spectacles

Comment donner envie aux gens de pousser la porte d’un imposant bâtiment tout de verre vêtu comme peut l’être le ThéâtredelaCité ? Comment démystifier sans relâche l’image du théâtre réservé aux initié∙e∙s ? Dès le hall, réchauffer les espaces, donner à chacun∙e l’assurance qu’il∙elle y est bienvenu∙e, faire coïncider la timidité vaincue et l’émotion d’une première découverte, le confort d’un fauteuil et la rencontre intime avec un spectacle, des grandes lignes de développement aux plus petits détails, tout ceci fait partie du rôle du service des publics.

GOMMER LES A PRIORI

Au-delà des partenaires déjà identifiés (relais associatifs, enseignant∙e∙s, comités d’entreprises, etc.), le ThéâtredelaCité va à la rencontre de celles et ceux qui sont plus éloignés du théâtre à travers de nombreux projets d’action culturelle. S’associer avec des communes de la Région pour aller chercher des personnes habitant hors de la ville, rassembler jeunes et moins jeunes autour d’une thématique en fil rouge, organiser des rencontres avec les comédien∙ne∙s, des temps de dialogue avec les metteur∙se∙s en scène, faire entrer des
lycéen∙ne∙s dans les étapes et les coulisses de la création, la construction du décor, la fabrication des costumes, rendre poreuses toutes les barrières, ce sont quelques unes des actions mises en place par ce service.

RETROUVER LA RÉCIPROCITÉ

Que l’équipe des publics parte de la proposition artistique elle-même (créer une valise de lectures qui circulera dans les classes, construire un parcours de spectateur∙rice cousu main pour des personnes en situation de handicap) ou qu’elle
réponde à une demande extérieure des structures (l’hôpital, l’univers carcéral, etc.), l’enjeu dépasse le développement de nouveaux publics. Il s’agit bien au fond de redonner à vivre le théâtre dans sa réciprocité fondatrice – des humains qui jouent devant d’autres humains, au même endroit en un
même lieu. L’ouverture au plus grand nombre est plus qu’une volonté annoncée, « c’est un moteur activé tous les jours » confient Bénédicte Guérin, Émilie Pradère et Maxime Donot qui se partagent la mission. « Cette grande maison doit être la plus ouverte possible, afin que les trésors qu’elle programme
soient les plus partagés possible ». Autre rouage, la grille tarifaire répercute cette volonté en démocratisant les tarifs. Les choix de programmation, eux aussi, sont attentifs à ne laisser personne sur le bord de la route. Car la question des publics est centrale pour ce service comme pour toute
l’équipe du théâtre. Le théâtre s’ouvre ainsi à la cité pour être aussi un lieu où l’on peut venir travailler, manger ou juste boire un verre, récupérer son panier de légumes ou emprunter un livre. Et bien sûr, voir un spectacle.