CARMEN AU THÉÂTREThéâtredelaCité

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CARMEN AU THÉÂTRE

Et en liberté

« Deux chaises, cinq musiciennes et Rosemary Standley, époustouflante. Avec trois fois rien mais des interprètes remarquables, François Gremaud dessine une Carmen iconique, scandaleuse, provocante, rebelle et profondément libre. Facétieux et blagueur, le metteur en scène revisite la vie et la mort de la bohémienne à travers ses désormais célèbres conférences-spectacles et referme le dernier volet de sa trilogie. Les quatre actes de l’opéra culte de Bizet prennent corps au gré du récit. Interprétant tous les personnages, alternant dialogues parlés et airs chantés, navigant sur toutes les tessitures, la chanteuse des groupes Moriarty et Birds on a Wire nous transporte à Séville, sur une place blanchie au soleil. Une prouesse, sans castagnettes. » Centre culturel suisse

Avec Carmen., François Gremaud montre que l’on peut aborder les classiques avec lucidité, liberté et humour sans altérer leur force et leur beauté.

Art

Il faut d’abord remarquer la forte expressivité de la ponctuation dans les titres des spectacles de François Gremaud. Après Phèdre ! et Giselle…, voici que Carmen. avec son point final vient clôturer un triptyque que l’artiste suisse a consacré à des figures féminines et tragiques emblématiques
du patrimoine littéraire et artistique. Sur le mode habituel de la conférence-spectacle, François Gremaud revisite l’histoire du subversif opéra composé par Georges Bizet d’après la nouvelle de Prosper Mérimée. François Gremaud livre une version drastiquement dépouillée, débarrassée de tout artifice, anti-illustrative puisque la Séville haute en couleurs avec ses brigadiers et ses cigarières, l’auberge animée de Lillas Pastia, les montagnes reculées où s’évade le clan des contrebandiers, l’entrée de l’arène où la foule acclame en fanfare son toréador sont autant d’éléments consubstantiels à l’ouvrage qui ne se donnent à voir que par la force d’évocation de la performeuse narratrice.

Avec joie, la chanteuse incarne celle qui provoque
le chaos et engendre l’action : la liberté.

Festival d’Automne à Paris

François Gremaud raconte Carmen par et pour le corps et la voix de Rosemary Standley. L’interprète, de formation lyrique et grande amatrice de musique baroque, est davantage connue pour être la chanteuse folk des groupes Moriarty et Birds on a Wire. Accompagnée par cinq musiciennes ayant à charge de restituer une version condensée et revisitée (pour accordéon et saxophone entre autres) de la partition de Bizet, elle s’amuse à camper tous les rôles, masculins comme féminins, et alterner le parler et le chanter comme le veut l’opéra-comique. Elle le fait avec grâce, finesse, naturel, une certaine virtuosité combinée à une évidente simplicité. C’est ainsi qu’elle ramène à l’essentiel Carmen.
Il lui suffit de ne faire qu’un geste évasif et délicat pour évoquer la fumée vaporeuse d’une cigarette, de s’adonner à quelques pas de danse pour suggérer le rythme effervescent de la habanera [danse et musique nées vers 1830 à Cuba] ou d’effectuer quelques moulinets de poignets pour figurer le maniement des castagnettes qui caractérise la provocante bohémienne.

Christophe Candoni – sceneweb.fr

ALLER SANS SAVOIR OÙ

François Gremaud nous donne à nouveau rendez-vous ce trimestre avec son seul en scène Aller sans savoir où. Il ouvre une petite lucarne sur sa façon très personnelle de concevoir
et de « fabriquer » du théâtre. Un joyeux making-of à la fois érudit et décalé où règnent en maîtres l’art de la digression savante et une loufoquerie douce qui se révèlent rapidement plus philosophiques qu’il n’y paraît…

SAMEDI 27 AVRIL
15h / La Salle / 1h45
Entrée libre sur réservation
dans la limite des places disponibles

© Dorothée Thébert Filliger
 
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