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Journal
Éditos
Publié le 14 janvier 2021

Dans le Décaméron, un livre de la Renaissance italienne de Boccace, des personnages repoussés par la Peste fuient et se déplacent d'un espace confiné à l’autre. Alors qu’ils ont déjà exploré tous les châteaux, jardins et abris, et qu’il n'y a plus d'endroit physique pour se cacher face à la mort et à la terreur qui les hantent, ils commencent à se retirer dans les espaces intérieurs de leur conscience. Cela les conduit à « l’implosion » de leur imagination. Leur énergie de vie brise la toile du désespoir en exprimant quelque chose d'intime et d’essentiel.
Ces personnages commencent alors à raconter des histoires. Ils décrivent les choses qu'ils aiment, ils constituent un inventaire des valeurs auxquelles ils croient pour capturer l’essence de la vie et la contempler la bouche ouverte, au moins pendant un moment. Face à la mort ils ont déjà compris que la narration, l'empathie, la fantaisie et la créativité sont les seuls endroits où la vie peut continuer en dépit des perturbations du monde qui les entoure.
Le fait de raconter des histoires devient une force vitale.

[…] Aujourd’hui je trouve alors assez excitant d’exercer, en faisant du théâtre, un acte de résistance. C’est comme si notre capacité à ressentir se retrouvait, sans crier gare, hors la loi et que moi, en tant qu’homme de théâtre, j’encourageais les gens à éprouver des sentiments à nouveau.