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Point infos

LE PRINTEMPS EST INEXORABLE

Point infos

Appelons ensemble aux ouvertures des lieux culturels !
Le ThéâtredelaCité, membre du Syndeac, a pris part à ces journées (20 & 21 mars 2021), consacrées à la visibilité des lieux culturels et des équipes artistiques, pour une reprise nécessaire du lien entre artistes et publics.

Galin Stoev, artiste-directeur du ThéâtredelaCité, s’est joint à la prise de parole collective d’acteur.rice.s du secteur culturel :

« Je veux commencer avec une pensée pour Alain Françon et sa famille.

En tant que directeur d’un lieu culturel, je rejoins les revendications de l’Intersyndicale Toulouse Occitanie. Mais aujourd’hui, j’ai besoin de m’exprimer en tant qu’artiste et de parler de ce qu’on traverse actuellement.

La solitude est un état complexe, tandis que l’isolement est un état insupportable tout court. L’isolation coupe les individus les uns des autres et les sépare de la vie.

L’artiste est quelqu’un qui crée des liens, comme antidote à la séparation, l’isolement et au nihilisme. C’est précisément dans des moments de crise qu’on ressent au plus fort le besoin de sa capacité d’inventer, ne fut-ce que la possibilité d’une rencontre. La crise, entre autres, nous oblige à faire le tri pour séparer ce qui est important et essentiel, de ce qui ne l’est plus. C’est un travail laborieux qui demande mobilisation et responsabilité personnelle. Pour faire ce travail, on a besoin d’un espace autre. L’art, en général, et le théâtre, en particulier, peuvent être cet espace qui nous procure la distance nécessaire pour justement affiner notre discernement. Depuis des mois et des mois, je suis témoin des efforts incroyables employés par les équipes artistiques, techniques et administratives pour préserver cet espace à partir duquel nous pouvons peut-être mieux comprendre ce qui nous arrive, aussi bien sur le plan individuel que sociétal. Aujourd’hui, cet espace dont je parle n’est ni essentiel ni non essentiel, il est devenu hyper essentiel. C’est pourquoi nous demandons une vision claire et simple pour les lieux de culture, leur réouverture et un plan de relance du secteur. Nous demandons une attention particulière envers les jeunes professionnel.le.s qui sortent des écoles et se trouvent sur le marché du travail, souvent complètement seul.e.s et non accompagné.e.s. Nous exigeons une reconnaissance envers une jeunesse en souffrance qui a besoin de renouer son lien avec l’art, ou tout simplement qu’on lui rappelle que l’humanité est la seule espèce sur cette planète qui arrive à traduire son expérience en symboles et que cette alchimie s’appelle l’art. »

MANIFESTE

JEUDI 11 MARS 2021 – 18H

Bilan succinct de cette première journée de mobilisation au ThéâtredelaCité
Dans la lignée du mouvement national qui a débuté il y a quelques jours par l’occupation du Théâtre de l’Odéon à Paris afin de faire entendre les revendications du secteur culturel, le ThéâtredelaCité reste mobilisé et est occupé à son tour à l’initiative de la CIP – coordination des intermittents et précaires.
Ce jeudi 11 mars 2021, la CIP est entrée dès l’ouverture du bâtiment et a pris ses marques dans le hall du théâtre, en affichant entre autres les slogans et banderoles sur les façades.
Elle s’est réunie à 10h30 en assemblée générale et a voté les décisions suivantes :
– Une prochaine assemblée générale aura lieu dans le hall du ThéâtredelaCité, vendredi 12 mars à 14h.
– Une occupation nocturne du bâtiment dès cette nuit : une trentaine de personnes se mobilise pour y dormir.
L’Intersyndicale d’employeurs et de salarié·e·s Toulouse Occitanie s’est réunie également à 12h30 au théâtre, avec une volonté de porter des revendications communes et solidaires.
Décisions prises lors de cette réunion :
– Intensification du dialogue dans les jours à venir, dont une nouvelle réunion lundi 15 mars pour faire converger les revendications ;
– Réaffirmer que la réouverture ne peut pas être le seul axe à défendre et que cette demande va de pair avec les droits sociaux et le lien aux usagers de la culture ;
– Mise en œuvre d’une mobilisation commune et concertée les 20 et 21 mars, « Le printemps est inexorable » : ces journées, consacrées à la visibilité des lieux culturels et des équipes artistiques, pour une reprise nécessaire du lien entre artistes et publics.
Un point sur les actions décidées, leurs échos et impacts sera fait dans les prochains jours.


[MANIFESTE]

En cette période de crise sanitaire, économique et sociale, mondiale et désastreuse, nous sommes isolé·e·s et ignoré·e·s.
Le Public ne peut toujours pas rencontrer les artistes et retrouver les salles de spectacle.
Les théâtres sont fermés depuis des mois.
Les compagnies sont immobilisées et perdent leurs repères pour préparer la suite.
Les artistes, technicien·ne·s et personnels administratifs sont pour beaucoup inactifs par défaut et n’arrivent pas à compenser, même avec le chômage partiel quand cela est possible, une précarité toujours plus grande.

Une lucarne dans cette pénombre autorise à maintenir à huis clos des activités artistiques (répétitions, ateliers de recherches, tournage…).
C’est ce que le ThéâtredelaCité fait depuis le début de la crise, en cherchant, répétant, créant de nouveaux objets numériques, et en maintenant ainsi de l’emploi direct permanent et intermittent. Ces heures d’emploi d’intermittence sont bénéfiques pour toutes et tous ; des salaires justes, des cotisations versées, des heures déclarées pour permettre le renouvellement de statuts d’intermittents, indépendamment des décisions gouvernementales.
Dans ce contexte, le ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie et membre de l’ACDN – association des centres dramatiques nationaux, via sa direction, ses salarié·e·s et son syndicat Le SYNDEAC, exige et se solidarise des revendications vitales pour notre secteur :
• Autorisation immédiate donnée aux publics et usagers de pouvoir renouer le dialogue et favoriser la rencontre avec les œuvres, les équipes artistiques et les lieux d’art et de culture. Il y a nécessité et urgence à ce que ces rendez-vous se déroulent à nouveau (dans le respect des consignes sanitaires), dans tous les espaces propices et possibles pour accueillir du spectacle vivant, de la littérature, des arts plastiques et de l’audiovisuel ;
• Accompagnement urgent de la jeunesse et de la nouvelle génération d’artistes coupé·e·s en plein envol et sans visibilité sur l’avenir, en particulier avec l’abaissement du seuil d’accès à l’assurance-chômage pour les annexes 8 et 10, notamment pour les primoentrants ;
• Prolongement de l’année blanche (au minimum jusqu’à un an après la sortie de crise) ;
• Résolution et rattrapage des incohérences sociales des salarié·e·s en fin de droit, en congés maladie ou maternité ;
• Création d’un fond de solidarité pour l’emploi avec la reconnaissance des temps de recherche et de répétition ;
• Financement d’un plan de relance et compensation des pertes d’exploitation ;
• Abandon de la réforme de l’assurance chômage, profondément injuste, dans un contexte où les plus fragilisé·e·s de nos concitoyen·ne·s sont déjà les grandes victimes de la crise économique que nous traversons ;
Mais surtout, un dialogue avec l’État, des décisions justes et équilibrées, pour un apaisement et un respect du secteur culturel sous tension.

C’est pourquoi, le ThéâtredelaCité, en écho avec le SYNDEAC, initie parfois, participe toujours et soutient encore aujourd’hui les manifestations et prises de paroles publiques à l’adresse du Gouvernement pour exiger des réponses rapides et positives.
Pour ces réunions, la direction du CDN accepte l’accès au hall du théâtre.
Compte tenu du contexte, ces rendez-vous en présentiel doivent respecter deux conditions :
– L’application des règles sanitaires qui s’imposent à tou·te·s au sein du bâtiment. Elles garantissent quotidiennement l’ouverture du lieu aux salarié·e·s, aux professionnel·le·s et à la tenue d’une activité indispensable à l’existence de nos maisons et des projets artistiques ;
– Le maintien de l’outil de travail en ordre de marche, en particulier du travail en cours dans les salles de spectacle et de répétition.
Il est inconcevable que nous prenions des risques sanitaires au sein de nos établissements déjà montrés du doigt, et que le peu d’emploi artistique et technique intermittent créé dans les théâtres fermés par l’État, soit à son tour empêché par les victimes elles-mêmes.
De plus, le samedi 20 mars sera une journée consacrée à la visibilité de nos lieux et des équipes artistiques qui les font vivre. Ces rendez-vous à inventer entre publics et artistes seront prochainement communiqués publiquement.
Cette lutte nous concerne tou·te·s, elle nous est commune, nous sommes donc ensemble dans le dialogue et l’action pour obtenir des réponses et des droits.
La direction du ThéâtredelaCité