ILLUSIONSThéâtredelaCité

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ILLUSIONS

Parlons d’amour !

Galin Stoev retrouve son auteur fétiche, Ivan Viripaev, pour explorer le quotidien et les péripéties amoureuses de deux couples au crépuscule de leurs vies. Avec sept comédien∙ne∙s au plateau, le metteur en scène plonge dans les souvenirs des personnages pour embrasser le sentiment amoureux avec finesse et facétie.

E N T R E T I E N

Photo de répétition © Erik Damiano

Avec Illusions, vous retrouvez l’auteur Ivan Viripaev – dont vous avez déjà monté cinq pièces, pouvez-vous nous dire quelques mots sur ce projet ?
Galin Stoev Illusions raconte l’histoire de deux couples mariés, quatre octogénaires. Ils se souviennent de tout ce qu’ils ont traversé, ce qu’ils ont vécu ensemble, en tant que couple. L’histoire se déroule via de petites capsules de souvenirs, des mini situations parfois insignifiantes, quotidiennes, dans lesquelles on peut trouver pas mal d’humour, un regard parfois malicieux, parfois provocateur et parfois très attendri face à cette notion de « vivre en couple » et celle de l’amour en général. Je retrouve l’écriture d’Ivan Viripaev qui fait partie des auteurs vivants les plus joués aujourd’hui en Europe. C’est un ami à moi, un ami très proche, que je connais depuis une vingtaine d’années et avec qui on a traversé pas mal d’expériences au théâtre.

Vous avez fait le choix d’un spectacle qui parle d’amour.
Parler d’amour aujourd’hui est très difficile car nous vivons dans un monde où l’amour n’est pas très présent. Au contraire, on fait face à des situations assez problématiques sur le plan global, le plan sociétal, le plan politique…
L’amour est un sujet assez délicat et il peut même paraître ringard aujourd’hui de s’en occuper alors qu’on est entourés par des guerres et des drames. Au théâtre, on aime les drames, justement parce que ce sont des moyens de regarder de l’extérieur comment d’autres personnages, d’autres gens, vont se sortir d’une situation extrêmement difficile ou problématique. Mais ici, c’est très différent, on entre sur un terrain où ce que nous ressentons, l’émotionnel et l’affectif, joue beaucoup plus que la logique. Quand on est sur ce terrain, les perceptions de chacun sont extrêmement
différentes. Comment est-ce qu’on peut les réconcilier ? Comment est-ce qu’on peut montrer l’amour ? Comment peut-on rencontrer l’amour si le système de mesure de notre expérience est basé sur des choses extrêmement éphémères ou extrêmement subjectives ? Sur ce terrain, la première chose qui s’installe, c’est l’incompréhension, bien évidemment.
L’incompréhension en soi est quelque chose d’assez problématique. C’est pourquoi c’est un ressort tout à fait bienvenu au théâtre car c’est un élément qui propulse le jeu et l’histoire et qui fait évoluer les personnages. Comme dans ces situations quotidiennes de couple, par exemple, qui font écho assez ironiquement au titre du film de Bergman, Scènes de la vie conjugale.

Parler d’amour aujourd’hui est très difficile car nous vivons dans un monde où l’amour
n’est pas très présent.

Galin Stoev
Photo de répétition © Erik Damiano

Comment l’amour et l’incompréhension sont-ils traités dans Illusions ?
Dans Illusions, à travers des situations assez insignifiantes, nous allons voir comment l’un et l’autre des personnages perçoivent l’incompréhension, comment chaque événement fait écho chez chacun d’entre eux et comment ils créent, derrière eux, tout un univers basé sur un fait en particulier – parfois complètement opposé à celui de leur partenaire ou adversaire. La question est alors « Peut-on apercevoir des stratégies d’affrontement dans une situation complètement apaisée ? », dans la situation d’un couple où « tout va bien » ? Bien évidemment. Comment appréhender tous ces moments qui peuvent être à la fois source d’inspiration et de bienveillance, mais aussi une mécanique de manipulation d’une réalité assez flottante, comme la réalité affective d’un couple ?

C’est un projet que vous montez avec les comédiens et comédiennes de l’AtelierCité.
Il s’agit en effet de notre troupe au ThéâtredelaCité. Ce sont de jeunes comédiens qui vont raconter les souvenirs de ces deux couples âgés. Dans l’expérience, dans la pièce, dans le projet, il y a un renversement de perspectives je dirais, parce que ce sont des jeunes qui racontent une vie déjà passée, la vie de ces vieux personnages qui se souviennent de ce
qu’ils ont vécu. Ces interprètes vont raconter des choses qu’eux-mêmes n’ont jamais vécues, ils se projettent dans le futur, peut-être parce qu’ils espèrent pouvoir le vivre un jour…

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LES REPRÉSENTATIONS DU LUNDI 6
ET MARDI 7 MAI À 20H SONT PROPOSÉES
EN LANGUE DES SIGNES FRANÇAISE (LSF).

Pour adapter la pièce en LSF, le ThéâtredelaCité travaille
avec un binôme de metteuses en scène et traductrices :
Sophie Scheidt et Lucie Lataste.
Avec Aleksi Bernheim, Julia Pelhate
Olivier Calcada, Sophie Scheidt
et Lucie Lataste
Elles ont mis en place un processus de traduction collective
avec les comédien∙ne∙s Sourd∙e∙s, consacré à l’adaptation du texte. Cela permet de mettre à plat la langue choisie, de déterminer la distribution et d’inventer le rôle des acteur∙rice∙s signant∙e∙s. L’étape finale des répétitions avec les deux équipes fait se rencontrer le même texte dit de deux façons différentes, avec pour enjeu de revisiter la création pour accueillir l’artiste signant. Il s’agit de créer une place où le signe est mis en valeur, où la lumière s’élargit et où, parfois, la voix se fait discrète. Tout cela afin de provoquer une expérience poétique nouvelle pour tous les publics.

Photo de répétition © Erik Damiano
 
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