Même si le monde meurtThéâtredelaCité

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À venir
 

Même si le monde meurt

De
Laurent Gaudé
Mise en scène
Laëtitia Guédon
Un spectacle produit par le
ThéâtredelaCité

Distribution

De
Laurent Gaudé
Mise en scène
Laëtitia Guédon
Un spectacle produit par le
ThéâtredelaCité
Avec les comédien·ne·s de la Troupe éphémère de l’AtelierCité
Marine Déchelette, Mathieu Fernandez, Élise Friha, Marine Guez, Alice Jalleau, Thomas Ribière, Julien Salignon et Jean Schabel
Scénographie
Amélie Vignals
Lumières
Philippe Ferreira
Son
Joan Cambon
Vidéo
Benoît Lahoz
Costumes
Nathalie Trouvé
Assistanat à la mise en scène
Caroline Chausson
Réalisation du décor dans les
Ateliers de construction du ThéâtredelaCité
sous la direction de
Michaël Labat
Réalisation des costumes dans les
Ateliers du ThéâtredelaCité
sous la direction de
Nathalie Trouvé

Production ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie ; Compagnie 0,10

Avant-premières les 24 et 25 mai 2023 au ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie

Création 2023

Informations

Saison À venir
AtelierCité
Créé à Toulouse
Théâtre

Résumé

Même si le monde meurt est une dystopie qui résonne avec notre actualité. Un groupe de jeunes gens, issu.e.s d’un monde et d’une époque très proches de la nôtre, fait face à une annonce : celle de la fin du monde. Nous suivons leurs réactions, tantôt extrêmes, tantôt raisonnées, et, au milieu d’elles et eux : le parcours d’une femme. Elle attend un enfant… dont elle comprend qu’il ne naîtra pas. Vient alors pour elle l’urgence de le mettre au monde et de le connaître. Avec l’écrivain Laurent Gaudé, nous poserons ensemble la question de nos propres fins… et de nos commencements.
Laëtitia Guédon

Tous les jours rencontrent leur fin.

Ulysse, James Joyce

Note de mise en scène

Je pourrais commencer l’histoire de cette fin par dire que, les épidémies, les attentats, les guerres à nos portes, les départs inattendus ou attendus de ces dernières années, ont motivés la naissance de ce projet.
Je pourrais commencer par dire que les circonstances et l’immédiate actualité me poussent, moi aussi, à m’engouffrer dans ce tunnel de mort qui ne semble jamais avoir de fin.

Et pourtant, c’est bien la vie, dans ce qu’elle a d’impératif, d’essentiel, et qui, toujours reprend ses droits, que je souhaite célébrer avec ce spectacle. D’abord, parce que ce projet me permet de créer avec de jeunes gens qui ont choisi d’embrasser, quoi qu’il en coûte, une tradition orale vieille de milliers d’années.
Rêver une œuvre pour les actrices et acteurs de l’AtelierCité du ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, c’était, même en parlant de nos fins, prendre une immense inspiration et regarder devant.

Ensuite, parce que ce spectacle m’offre d’habiter des lieux de recherche qui me sont chers en tant que metteure en scène, à commencer par celui de la collaboration avec les auteurs et autrices vivant·e·s dès la naissance d’un projet.

Cela fait plusieurs années, que je souhaite collaborer avec Laurent Gaudé.
En premier lieu, parce que je lis son théâtre comme je lirais ses romans, de la tradition orale à l’écriture, de l’écriture à l’oralité, les mains dans celles de l’autre. Il porte dans son écriture, dans sa langue, le souffle de l’épopée, la puissance des mots et l’éclat du voyage fantastique à travers les âges et les mondes.

Ce regard sur la fin, et donc sur le commencement, sur le renouveau, nous habite, nous questionne tous deux. Poser ces enjeux dans une écriture destinée à de jeunes gens pour qui tout commence, était une évidence. À travers cette course contre la montre dans laquelle sont propulsées ces humanités, se dessine aussi la figure de la Piéta. L’étreinte réelle et symbolique d’une mère et d’un fils, tout à la fois figés dans leur jeunesse et ouvrant les entrailles d’un monde nouveau. La plongée dans les mythes, qu’ils soient anciens ou contemporains, est un de mes grands axes de travail et j’y vois cette possibilité dans les symboles proposés par l’auteur.

Enfin, ce projet me permettra de faire plonger les jeunes acteurs et actrices de cette troupe éphémère dans une esthétique indisciplinée où se mêleront le texte, la vidéo, le son et le souffle, en tendant, toujours, l’urgence du compte à rebours et en ouvrant sur l’immensité de l’après. Pour que ce travail sur nos fins et nos commencements soit avant tout, un travail dans la lumière.

Laëtitia Guédon

Note d'écriture

Même si le monde meurt est une pièce sur l’urgence de vivre.

Dans la première partie, les personnages apprennent que la fin du monde est imminente. Tous les scientifiques en sont certains. Ils sont même en mesure d’annoncer la date avec précision. Qu’est-ce que cette nouvelle provoque ? Que fait-on lorsqu’on sait la fin certaine et qu’est-ce qu’on ne fait plus ? Comment occupe-t-on ce dernier temps de vie ? Et cet espace commun ? Une période de vertige et de liberté mélangée s’ouvre. Tout est urgent. Tant de choses sont déjà inutiles et tant d’autres encore possibles…

Parmi les personnages, il y a une jeune femme enceinte. Le terme de sa grossesse est prévu pour après la fin du monde. Son enfant ne naîtra donc pas. Cette idée lui est parfaitement insupportable. Alors, elle accélère le temps, et accouche au plus vite d’un jeune garçon déjà homme. Il s’appellera « le Pressé de vivre ». A peine né, elle le jette au monde pour qu’il puisse découvrir la vie, ne serait-ce que quelques jours. Avec ivresse.

Dans la seconde partie, la fin du monde n’a pas eu lieu. Les personnages se réveillent, hagards et à leur grande surprise, tout continue. Le cours de la vie reprend. Et pourtant, le monde d’après ne ressemble pas à celui d’avant car chacun doit maintenant vivre avec ce qu’il a fait dans cette période étrange où plus rien ne comptait. Comment revient-on à la vie ? Le peut-on seulement ? Pour le Pressé de vivre, la réponse est non. Il le sent bien : l’accélération qui a permis sa naissance se poursuit en lui. Il vieillit à toute vitesse et sera bientôt un vieillard. Son temps est compté et lui seul, dans ce monde convalescent, doit continuer à vivre dans l’urgence.

Même si le monde meurt est une pièce qui veut explorer la question de l’explosion du cadre dans lequel nous vivons. Est-ce qu’une annonce pareille détruit immédiatement toute possibilité de collectif ? Reste-t-il de la place pour un « nous » ? Les trajectoires individuelles ont-elles encore un sens ?

C’est aussi une pièce sur la peur. En quoi est-ce que la certitude de la mort peut-elle être libératrice ? Est-ce que la brièveté du temps qu’il reste à vivre ne devient pas un incroyable territoire d’intensité ?

J’ai à cœur de travailler autour de la question du récit et du chœur. La pièce avancera dans cette alternance : essayer de saisir une parole collective, tout en plongeant dans le parcours d’un individu qui nous raconte ses peurs et sa vérité. Aller sans cesse de l’un à l’autre.

Il s’agira également de travailler sur une langue qui laisse la possibilité de s’échapper du réel. Il faut que le mythe, le mystère et la magie ne soient jamais loin. Cet événement si grand, si terrifiant de la possible fin du monde se racontera à travers l’utilisation d’une voix épique.

Il ne s’agira donc pas d’une pièce construite sur une succession de situations, mais d’un chant tressé de plusieurs voix qui montent du plateau en essayant de saisir l’intensité d’une humanité inquiète mais ardente.

Laurent Gaudé