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Du 2 au 4 mai 2022
 

Le Bal des lucioles

Texte
Yohan Bret
Conception et mise en scène
Yohan Bret Léa Hernandez Tardieu

Distribution

Texte
Yohan Bret
Conception et mise en scène
Yohan Bret Léa Hernandez Tardieu
Avec
Sachernka Anacassis Alexis Ballesteros Yohan Bret Anne-Gaëlle Duvochel Cédric Guerri Samuel Mathieu Julian Peres
Assistanat à la mise en scène
Louana Boroli
Création sonore
Benoît Bories
Construction
David Baratte

Production
Compagnie l’An 01

Coproduction (en cours)
Pronomade(s) en Haute-Garonne ; Centre national des arts de la rue et de l’espace public ; ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie.

Avec le soutien de la Ville de Roques, de la Petite Pierre / Gers, du CENTQUATRE-PARIS, du centre de détention de Muret, de la maison d’arrêt de Seysses, du théâtre La Maison du Peuple de Millau, de l’ENAP

Informations

Durée estimée 1h40

Saison 2021-2022
Créé ici
Nouveau 21-22
Théâtre

Résumé

On dit que les forces qui agissent dans la passion amoureuse et dans les mouvements collectifs ont la même violence et la même détermination.

Alors quel est le point commun entre l’uniforme de Michel C.R.S., Ma femme de ménage, Alban citoyen, Candy et Joachim travailleurs de la nuit ?

Sous leur costume, nos lucioles vont se battre pour leur survie.

Corps à corps sous votre œil avisé et celui de notre présentateur-arbitre formé au plus près de la politique la plus innovante et la plus actuelle. Sur le terrain, tous les coups sont permis.

Combat, sueur et paillettes, que le bal commence !

Le Monde possède déjà le rêve d’un temps dont il doit maintenant posséder la conscience pour le vivre réellement.

Guy Debord

Extraits

Scène 13

Jouée en simultané par le Citoyen dans le gymnase, le C.R.S. dans le vestiaire n°1, l’Extrémiste dans le vestiaire n°2.

Citoyen / C.R.S. / Extrémiste –

Nous sommes le [date].
J’ai froid. J’ai froid et j’ai peur.
Je n’ai jamais été aussi seul.
Le grand jour ne vient jamais, ni la fin, ni un nouveau début.
C’est toujours plus. Toujours plus gros, toujours plus grand, plus fort, plus soi, plus de peurs, plus en avant !…
Mais ça va ! Je dis pas, je dis pas j’ai peur pour ça, non, ça va. Ce qui me fait peur, c’est ma face tous les jours. Je l’observe dans le miroir et je ne comprends pas.
Je ne comprends pas pourquoi ça va, pourquoi j’ai bon teint, pas de cicatrice ni les joues rouges de honte. Non, ça va. Mes pores ne semblent pas bouchés, j’ai presque le visage d’une personne en parfaite santé alors que…
[Extrémiste] 11927 [C.R.S.] 19724 [Citoyen] 11688 jours passés, à observer, ressentir les vibrations du monde. Comment mon corps tient encore debout, comment ma peau ne s’est pas craquelée en mille morceaux parcheminés ? Je ne comprends pas. Que mon corps soit à ce point hypocrite quand dedans tout est pourtant dévasté.
Mon corps marche à l’envers. Tout s’effondre à l’intérieur, plus rien ne tient et la façade est toujours là sans tâche. Malgré toutes les vagues d’érosions qu’il se prend dans la gueule.
Mon esprit est un pare-feu.
Peu importe le nombre de coups, le corps tient ! Le corps reste !
Et c’est ce que nous voulons, non ? Tenir, rester.
Même si ça ne va pas, même si c’est la merde, même si ça pue la merde !
Être…
Là…
Coûte que coûte…
Mais pardon, je m’épanche. Mon corps déborde et coule malgré moi.
Nos pères ne savent plus tenir la maison.
Comment tenir la maison ? Le vent qui souffle dehors est si fort…
Comment ne pas détruire la maison ? Et devenir dominateur…
Alors quoi ? Partir ? S’enfuir ? Claquer la porte plutôt que leurs têtes.
Et puis quoi, recommencer ? Ailleurs ? Autrement ? Mais où ? Comment ?
Tous les cours errent ensemble dans la salle d’attente de l’espoir mais il n’existe pas d’ailleurs !
À quoi bon ?…
C’est ici que je respire, c’est ici que je cours, c’est ici que j’ai la terre et l’espace, suffisants. Ici. C’est ici. Ma Terre !
C’est ici que je reste. Mais alors toi, dégage !
Il ne faut pas que la maison soit détruite.
Il faut qu’elle s’effondre de l’intérieur, comme mon corps.
Même châtiment, même technique.
Je garde les pierres/murs, je remplace juste le style/maître.
Je veux voir mon visage se déformer dans le miroir, signe de ma révolution intérieure, façade en chantier. Visage allié de mon corps et non plus visage navré de son corps.

En quelques mots…

Questions de société
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